12/03/2005

Interview de Cyril Fondeville organisateur du Raid Sahara

1er Raid Sahara DL : Cyril Fondeville, qui êtes-vous et quel est votre parcours ?
CF : Je suis né au Maroc et j’y ai vécu une dizaine d’années et ensuite à Montpellier. Ce sont les « aléas » de la vie professionnelle qui m’ont amené dans le Nord. J’étais responsable achats chez Auchan.

DL : Comment passe t-on des achats chez Auchan à l’organisation de course ?
CF : On peut dire que c’est une conjonction de choses qui interviennent aux alentours de la quarantaine et un certain ras le bol de la vie professionnelle. Le déclic s’est produit au retour d’un trek au Kilimandjaro. Je me suis dit que ce n’était plus possible de vivre cette vie dans la grande distribution. J’ai eu envie de tout foutre en l’air et j’ai laissé tombé mon job. Je suis parti à la découverte de l’Afrique au Niger avec l’envie de réaliser mon rêve de devenir grand reporter. Et là plein de choses qui se passent dans la tête quand on compare les civilisations, les modes de vie,… à un point tel que j’ai déchiré mon billet de retour et je suis parti à pied à travers l’Afrique dans un périple qui m’a amené jusqu’en Mauritanie.

Equipe MauritanienneDL : Et c’est en Mauritanie que germe l’idée de devenir organisateur de course ?
CF : C’est en fait le fruit du hasard. Une rencontre avec Mohamed à l’aéroport de Atar. Mohamed amoureux fou de son pays constate une certaine baisse du tourisme, que le trek se casse un peu la figure en Mauritanie. Ayant été prestataire d'un raid bien connu, l’idée de se lancer dans un tourisme différent, un tourisme sportif le prend. Cette rencontre tombe donc au bon moment pour s’entendre et penser à mettre sur pied le premier Raid Sahara.

DL : Quels objectifs dans ce rôle d’organisateur ? Est-ce de l’altruisme, de la recherche d’exotisme.
CF : On peut dire que je suis un idéaliste et j’ai eu envie de faire quelque chose pour l’Afrique pour des gens qui ont envie de s’en sortir, de s’élever et non pas pour des oisifs, pour faire profiter des gens qui se bougent. C’est comme cela que nous avons monté l’opération Médecins du Désert. Nous avons livré un cabinet dentaire à la ville de Ouadane la ville de Mohamed en marge du raid. Notre prochain projet est de livrer un échographe portable pour Roger Maupour installé dans un oasis à Maden depuis 12 ans. Le Raid Sahara est non seulement une épreuve sportive mais elle comporte un volet humanitaire et culturel. A chaque bivouac, chaque étape c’est l’occasion de découvrir un site archéologique.

DL : Pourquoi vous focaliser sur l’Afrique ? Une affinité particulière ?
CF : La Mauritanie ce sont des paysages magnifiques qui changent tous les 10 km. En plus d’un cadre, ce sont des habitants. Je connais beaucoup de pays africains mais en Mauritanie j’ai trouvé un accueil encore plus chaleureux et un sens de l’accueil très poussé.

DL: Avez-vous des régions où vous rêvez d’organiser une épreuve ?
CF : Je travaille à l’organisation d’épreuves en Lybie et Suisse prochainement. J’ai des projets au Mexique, Mongolie, Australie. J’aimerais monter une épreuve par continent. Madagascar m’inspire beaucoup mais l’avion est cher vers cette destination.

DL : Quelles difficultés principales rencontre un organisateur dans ce type de manifestation ? Concurrence des épreuves raid et trail en tous genres,... ?
CF : D’abord il faut un partenaire fiable qui apporte la logistique. Le raid sahara c’est 6 mois de travail 20h/24 avec de nombreux déplacements sur le terrain. Et puis surtout pour une première épreuve il faut trouver des coureurs. Sur mon épreuve ils sont vitaux car je fonctionne sans sponsor. Ce sont les inscriptions des coureurs qui payent l’épreuve. 50 coureurs est le point mort. Et il faut avoir le moral car 2 mois avant le départ je n’avais que 22 inscrits. Mais je serais parti quoi qu’il en soit car je respecte toujours mes engagements.

Philippe Remond et Karim MostaDL : Philippe Remond et Karim Mosta pour la première : beau plateau !
CF : Un de mes contacts connaissait Philippe et m’a proposé de le contacter. Je l’ai appelé et il a dit OK tout de suite. Il est devenu le parrain de l’opération. J’ai découvert un grand champion très humble et humain. Karim Mosta, un grand professionnel du raid, a découvert l’épreuve et a souhaité participer. Il associe chaque participation avec une action humanitaire. Mon épreuve, c’est un évènement sportif prétexte pour faire le bien autour de soi et courir utile et c'est cela qui les les a attiré. Karim cherche d’ailleurs en ce moment des fauteuils roulants pour une association du Maroc

DL : Sur ce type d’épreuve on retrouve toujours les mêmes ?
On peut dire qu’il y a un noyau dur des habitués des sables plus une diversité d’origine et de niveau assez extraordinaire. Au raid sahara il y avait 8 nationalités. Je suis maintenant présent dans 14 pays grâce à des contacts, des gens rencontrés au hasard, par la presse… un réseau d’amis aujourd’hui.

DL : Peut-on en faire un métier dont on vit ?

CF : Rendez-vous dans un an pour le savoir. Ce n’est pas encore le cas. Et de toute façon aucun regret, je vis ma passion. Je pars la semaine prochaine en reconnaissance au Niger, c’est cette vie là qui me plaît. J’aimerais pouvoir créer une SARL organisant 5 à 6 épreuves par an.

DL : Pour finir, le mot de la fin ?
CF : Ce sont les coureurs qui décident où ils veulent aller, où courir et avec qui et pourquoi. Et si ils apprécient ils le disent et reviennent. Regardez on se retrouve le 26 mars sur Lille avec les participants de cette première épreuve pour des retrouvailles autour d’un méchoui.
2nd Raid Sahara
Le 2ème Raid Sahara se déroulera du 29 janvier au 5 février 2006

Pour en savoir plus sur les épreuves à venir : en Lybie du 26/11 au 03/12 et au Niger 03/12 au 10/12 pour des épreuves d’environ 200 km
Pour en savoir plus sur Cyrille et son organisation cliquez ici

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